vendredi 24 novembre 2017
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Prospection mare de Catchéou le 23 mai 2017

Compte rendu de prospection entomologique sur la mare de Catchéou le 23 mai 2017

Introduction

Lors des derniers comités consultatifs de la RBI des Maures et de la RBD de Catchéou en date du 13 décembre 2016, il avait été décidé de procéder à l’inventaire entomologique du site de la mare de Catchéou vers la fin mai, afin que le niveau d’eau de la mare ne soit pas trop élevée ni trop asséché, date propice aux prélèvements aquatiques.

Le 23 mai 2017 la section entomologie de SSNATV a donc prospecté sous l’autorité de Paule Gaudouin (ONF) le site de la mare temporaire de Catchéou, la mare pédagogique et ses environs.

Le but était de déterminer les espèces d’insectes sur ce site et de faire un premier inventaire des hétérocères (papillons de nuit).

Matériel et méthode

Les relevés ont été faits à l’aide de filets pour les insectes volants, parapluie et aspirateur à bouche pour les coléoptères, filet fauchoir pour les arachnides et hémiptères, filet troubleau pour les insectes aquatiques.

Un ensemble de piégeage de nuit a été installé pour la récolte et identification des insectes nocturnes.

Seuls les insectes difficilement identifiables in situ ont été prélevés pour identification à la binoculaire et déterminations avec les clés appropriées.

Résultats                                                                                                            

Les résultats obtenus correspondent aux relevés effectués à une date bien précise et ne reflètent en aucun cas la biodiversité totale du site.

D’autres relevés à des époques différentes devraient être réalisés pour cerner l’entomofaune.

Ce sont plus de 120 espèces d’insectes qui ont été observées durant cette journée. Un tableau au format Excel listant l’ensemble de ces espèces avec un onglet particulier à la chasse de nuit est fourni en pièce jointe à ce compte rendu.

Par manque de spécialiste, les orthoptères et diptères n’ont pas été étudiés.

Si certaines espèces n’amènent aucune remarque spécifique, d’autres sont typiques des milieux humides, d’autres directement inféodées aux habitats soumis à assèchement.

Certaines espèces ont attiré notre attention et décrites dans le chapitre ci-dessous.

Cas particuliers

 

Odonates

3 espèces d’odonates ont été relevées.

Lestes barbarus (Fabricius, 1798)

Zygoptère d’une longueur moyenne de 30mm, de la famille des Lestidae et d’une teinte générale vert métallique assez clair avec des parties brunes sur la partie inferieure du corps.

Cet odonate est une espèce méridionale typique des milieux humides et tout particulièrement de ceux soumis à assèchement. Il a une attirance marquée pour les milieux humides temporaires qui s’assèchent assez tôt au tout début de l’été. Il se rencontre donc de mi mai jusqu’au mois d’octobre.

Les femelles peuvent pondre dans des zones totalement sèches à l’intérieur de tiges végétales. La diapause de l’œuf dure jusqu’au début de montée des eaux de la mare, la jeune larve naissante se laissant ensuite tomber dans l’eau.

Sa présence sur les abords de la mare temporaire de Catchéou est donc cohérente.

Lestes virens (Charpentier, 1825)

Zygoptère très similaire à Lestes barbarus mais dont la couleur vert métallique est moins prononcée (vert doré brillant). L’extrémité du thorax ainsi qu’une partie de l’abdomen sont bleu pâle chez les mâles.

Cet odonate affectionne tout particulièrement les plantes hélophytes, il se trouve dans les eaux stagnantes mais aussi dans les mares temporaires à forte présence de végétation.

Son cycle de vie est très semblable à celui de Lestes barbarus bien qu’il soit moins dominant sur site.

Il est donc aussi cohérent de le rencontrer sur le site de Catchéou.

Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840) 

De la famille des Libelluloidae, cet Anisoptère est commun et très rependu sur tout le pourtour méditerranéen. Bien qu’ayant une  préférence pour les eaux peu profondes et stagnantes, les femelles peuvent pondre sur les bordures d’une mare susceptible de s’assécher (ou dont le niveau baissera considérablement), la diapause particulière des œufs en condition exondée permet à ceux-ci de résister à tout assèchement éventuel.

Il n’est donc pas spécialement inféodé aux mares temporaires mais s’y adapte parfaitement si besoin.

Il se rencontre toute l’année (excepté en période hivernale) en plusieurs générations (printanière et automnale).

Coléoptères

33 espèces de coléoptères ont été relevées la plupart très communs. Cependant il faut noter la présence de 6 espèces inféodées aux milieux aquatiques ainsi que 2 espèces aquatiques de la famille des Dytiscidae (dytiques).

Les prises effectuées en pleine eau avec le filet troubleau ont permis d’observer de nombreuses larves de Dytiscidae.

Arachnides

23 espèces d’arachnides ont été observées sans remarque particulière à l’exception de Tibellus macellus  qui, si elle n’est pas rare, se rencontre assez peu dans notre région.

 

Toutes les autres espèces observées n’entrainent pas de remarque particulière, les taxons faisant partie d’espèces essentiellement littorales (comme par exemple Libelloides ictericus). Elles sont connues sur l'ensemble des départements méditerranéens, leur présence est cohérente dans notre région. Elles sont cependant listées dans le fichier joint à titre indicatif.

Cas particulier de la mare pédagogique

Bien qu’il ait été vu tout autant de larves d’amphibiens, les autres relevés entomologiques sur la mare pédagogique ont été moindres.

Pour exemple la seule libellule Sympetrum striolatum a été observée sur les bords de la mare.

L’utilisation du filet troubleau n’a pas été aussi fructueuse que sur le site de la mare de Catchéou.

Cela peut venir du fait que le fond de la mare pédagogique est boueux, limoneux, pauvre en humus et non constitué de plante et racines aquatiques comme la mare naturelle, donc probablement moins propice à la vie aquatique.

Chasse de nuit

Malgré une diversité d’espèce d’hétérocères relativement pauvre (seulement 15 taxons observés en plusieurs heures de chasse nocturne),  deux taxons restent à souligner.

Mythimna straminea (Treitschke, 1825).

Espèce de la famille des Geometridae inféodée aux phragmites et carex (végétation typique des zones humides). Sa présence est donc cohérente dans la zone humide de Catchéou.

Axia margarita (Hübner, 1813).

Sans pour autant avoir de statut de protection, cette espèce est peu commune voire rare et assez localisée aux régions méditerranéennes, particulièrement dans le Var, le Vaucluse et l’Hérault.

Les adultes se rencontrent en deux générations d’avril à octobre.

Les chenilles sont à rechercher sur Euphorbia duralii.

 

D’autres chasses de nuits devront être menées afin d’assurer le suivi des espèces, certaines devront être organisées en automne afin d’effectuer des relevés différents.

Conclusion

Nous avons bien trouvé la faune entomologique méditerranéenne ainsi que celle associée et inféodée aux mares temporaires et milieux humides. Que ce soit en termes d’odonates, hémiptères (punaises d’eau) coléoptères des milieux humides et aquatiques.

La liste des taxons n’est pas exhaustive, la seule journée passée ne suffit pas à déterminer la totalité des espèces vivantes aux abords de la mare.

De plus, des relevés lorsque la mare est en pleine eaux devraient augmenter le nombre d’espèces, avec une plus grande colonisation des eaux attirant aussi de nombreux prédateurs absents lorsque la mare est au niveau le plus bas.

D’autres relevés à des époques différentes devront donc être exécutés pour compléter cette liste.

Eric Gabiot