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dimanche 20 janvier 2019

Métamorphoses

Métamorphoses

par Michel Démares

Les papillons sont des êtres vivants qui se déplacent et pour certains d’une façon si rapide qu’ils sont difficiles à observer ou à  photographier. A peine entraperçus aussitôt perdus de vue ! Un des moyens permettant de les approcher consiste à élever des chenilles. Ce n’est pas aisé à faire d’emblée mais l’expérience arrivant et la chance aidant, le bonheur peut être au rendez-vous. Quelle joie, en effet, de mener un élevage jusqu’au bout en suivant l’évolution de l’insecte. Chaque  phase de sa croissance est une découverte. Les mues de la chenille (changement de livrée), la nymphose (apparition de la chrysalide), l’émergence (naissance de l’adulte papillon) sont des instants magiques.

Rappelons le cycle vital du Lépidoptère :

oeuf          larve (chenille)       nymphe  (chrysalide)     imago (papillon)       œuf

Voici ici une partie des résultats de plusieurs années d’élevage, observations qui se sont beaucoup enrichies depuis mon arrivée dans le Var.

      Plantes nourricières
A Anthocharis cardamines Aurore Cardamine des prés, Arabette
B Anthocharis euphenoides Aurore de Provence Biscutelle (=Lunetière)
C Charaxes jasius Jason ou Pacha à deux queues Arbousier
D Colias alfacariensis Fluoré Fer à cheval
E Colias crocea Souci Fer à cheval
F Gonepteryx rhamni Citron Bourdaine
G Gonepteryx cleopatra Citron de Provence Nerprun alaterne
H Iphiclides podalirius Flambé Prunelier
I Papilio machaon Machaon Fenouil ou carotte
J Pieris brassicae Piéride du chou Chou
K Vanessa atalanta Vulcain ou Amiral Ortie
L Azuritis reducta Sylvain azuré Chèvrefeuille
M Cacyreus marshalli / Pelargonium

Ces élevages ont été menés à bien, après moult échecs, à partir de l’œuf.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est plus facile de trouver un œuf dans la nature que de trouver une chenille. La découverte d’une chenille est aléatoire. La découverte d’un œuf est plus réfléchie. En effet, une femelle de Lépidoptère cherchant à pondre change de comportement par rapport à son vol habituel. Elle vole lentement près du sol  si elle pond sur une plante herbacée ou autour  de l’arbuste nourricier. Elle cherche et se pose souvent. Promptement et sans mouvement brusque il faut alors s’approcher et bien regarder.  Si elle a reconnu la plante elle courbe son abdomen et pose son œuf. En général, elle recommence la même opération aux alentours si elle n’a pas été dérangée par notre curiosité. L’œuf n’est pas toujours visible au premier coup d’œil. Il est posé sur ou sous le support mais il peut être enfoui assez profondément dans la plante. Il faut alors jouer de notre perspicacité avant de tout comprendre ! Si l’on connaît le papillon et sa plante nourricière c’est un peu plus facile.

Deux observations pour montrer que l’observation a parfois besoin de la réflexion :

- ponte de Mellicta parthenoides (Mélitée des scabieuses), sur une touffe de plantain. Impossible de trouver l’œuf. Cinq, six tentatives et rien. Bizarre car je vois l’abdomen en position de ponte ! En creusant un peu j’ai fini par trouver un œuf sur le collet de la plante.

- ponte d’Argynnis paphia (Tabac d’Espagne) à deux mètres de hauteur, sous l’écorce saillante d’un poirier. Bizarre ! La chenille se nourrit de violette. L’explication est simple : l’espèce hiverne à l’état d’œuf et la petite chenille descendra au printemps pour consommer la violette abondante au pied de l’arbre.

                A noter l’élevage quasi-involontaire d’une espèce récemment arrivée en France, vers la fin des années 90, (Cacyreus marshalli) et qui se propage à grande vitesse sur le territoire national, disposant d’une nourriture abondante sur nos balcons ou dans les jardinières communales.

 Cacyreus marshalliCacyreus marshalli

Cacyreus marshalli