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dimanche 20 janvier 2019

  Entomologie

Compte rendu entomologie année 2017

Activités de la section entomologie année 2017 

Eric Gabiot 

Introduction

Nous avons effectué 18 sorties printanières et 8 sorties automnales au sein de la société. La saison entomologie printanière débute en général fin mars et se termine à l’été. En automne, elle débute début septembre pour s’achever fin octobre. Cette année les mauvaises conditions météorologiques du premier trimestre n’ont pas permis à tous les insectes de sortir de la diapause en début mars.

Après de nombreux jours de pluie, la flore semblait bien développée mais l’entomofaune paraissait être au ralenti. Il a fallu attendre les dernières semaines d’avril voire le mois de mai pour voir abonder les insectes.

Peu de personnes ont été disponibles pour effectuer les sorties, en moyennes nous étions 5 ou 6 à prospecter sur le terrain. Malgré cela nous avons relevé tout de même plus de 2000 taxons dont plus de 700 spécimens différents. La liste de l’ensemble des taxons sera diffusée ci dessous. Les résultats suivants n’évoquent donc que les taxons d’intérêt national.

 

Prospections entomologiques à la maison de la nature des quatre frères

Introduction

Depuis deux ans la SSNATV prospecte régulièrement sur le domaine de la maison de la nature des quatre frères situé au Beausset.

En 2016, le but était de déterminer les espèces d’insectes sur ce site et de faire un premier inventaire. Compte tenu d’une riche biodiversité ainsi que de la découverte d’un papillon classé dans la liste rouge des papillons de France nous avons décidé de poursuivre nos investigations à plusieurs reprises courant 2016 et 2017.

Matériel et méthode

Les relevés ont été faits à l’aide de filets pour les insectes volants, parapluie et aspirateur à bouche pour les coléoptères, filet fauchoir pour les arachnides et hémiptères. Seuls les insectes difficilement identifiables in situ ont été prélevés pour identification à la binoculaire et déterminations avec les clés appropriées.

Résultats                                                                                                            

Les résultats obtenus correspondent aux relevés effectués à une date bien précise et ne reflètent en aucun cas la biodiversité totale du site.

Afin de cerner au mieux l’entomofaune il a été décidé de prospecter au printemps et en automne.

Deux visites ont été faites en 2016 (20 avril et 28 septembre).

Trois en 2017 (11 avril, 28 juin et 27 septembre).

Ce sont plus de 160 espèces d’insectes qui ont été observées en 2016 et 231 en 2017.

Nombre de taxons global et d’espèces différentes observés :

 

Lépidoptères

Hyménoptères

Hémiptères

Arachnides

Odonates

Coléoptères

Autres

2016

56

26

10

18

1

46

3

2017

73

49

19

75

1

12

2

Dont Espèces différentes

53

60

19

54

1

49

5

 

Par manque de spécialiste, les Orthoptères et Diptères n’ont pas été étudiés.

Si certaines espèces n’amènent aucune remarque spécifique, d’autres ont attiré notre attention et sont décrites dans le chapitre ci-dessous.

Cas particuliers

 

Lépidoptères

Nous avons relevé 53 espèces de papillons vivant sur le domaine

Jason

De nombreuses plantations d’arbousiers ont favorisé la présence du Jason Charaxes jasius (Linnaeus, 1767). Ce papillon endémique du pourtour méditerranéen se rencontre en grand nombre sur l’ensemble du domaine.

Tomares Ballus

Ce petit papillon Tomares ballus (Fabricius, 1787) endémique du sud de la France est inscrit sur la liste rouge des papillons de France. Il est considéré comme vulnérable avec un risque relativement élevé de disparition et tend à se faire rare.

En avril 2016 un site d’évolution de ce papillon à été relevé au nord ouest du domaine de la maison de la nature dans une prairie découverte. Une dizaine d’individus ont été observés.

En 2017 ce site à de nouveau été confirmé. De plus une seconde zone d’évolution a été découverte le 11 avril 2017 située au sud est du domaine. Huit  individus ont pu être relevés.

Ce qui tend à confirmer que la biodiversité du site est favorable à son expansion.

 

Hipparchia

A l’automne 2016 a été observé un papillon du genre Hipparchia. Il appartient à l’une des deux espèces H. genava et H. alcyone. Elles sont si proches que leur séparation est de nouveau à l’étude. Un exemplaire a aussi été découvert à l’automne 2017. Il conviendrait donc de poursuivre les prospections sur ce domaine afin de valider l’existence d’une population établie.

 

Hyménoptères

Trachusa interrupta (Fabricius, 1781)

Inscrit sur la liste rouge européenne, cet hyménoptère est considéré en danger avec un risque élevé de disparition. Il s’agit d’une abeille solitaire creusant son nid dans le sol, les cellules sont tapissées de feuilles collées entre elles avec de la résine de pin. Il a été capturé au nord du domaine au niveau de la première restanque

 

Il faut noter que malgré la présence de ruches et le grand nombre d’abeilles « domestiques » (Apis mellifera) aucun frelon asiatique (Vespa velutina) n’a été observé durant ces sorties. Alors que cet hyménoptère très invasif colonise de plus en plus les secteurs ou se trouvent des ruches, ici il n’est pas encore présent.

Conclusion

L’entomofaune des Quatre Frères se montre toujours plus intéressante à chacune de nos visites. La richesse du lieu tient à la diversité de ses biotopes et à leur entretien réfléchi. Un suivi plus régulier devrait confirmer voire amplifier cette richesse.

 

Prospection mare de Catchéou le 23 mai 2017

Compte rendu de prospection entomologique sur la mare de Catchéou le 23 mai 2017

Introduction

Lors des derniers comités consultatifs de la RBI des Maures et de la RBD de Catchéou en date du 13 décembre 2016, il avait été décidé de procéder à l’inventaire entomologique du site de la mare de Catchéou vers la fin mai, afin que le niveau d’eau de la mare ne soit pas trop élevée ni trop asséché, date propice aux prélèvements aquatiques.

Le 23 mai 2017 la section entomologie de SSNATV a donc prospecté sous l’autorité de Paule Gaudouin (ONF) le site de la mare temporaire de Catchéou, la mare pédagogique et ses environs.

Le but était de déterminer les espèces d’insectes sur ce site et de faire un premier inventaire des hétérocères (papillons de nuit).

Matériel et méthode

Les relevés ont été faits à l’aide de filets pour les insectes volants, parapluie et aspirateur à bouche pour les coléoptères, filet fauchoir pour les arachnides et hémiptères, filet troubleau pour les insectes aquatiques.

Un ensemble de piégeage de nuit a été installé pour la récolte et identification des insectes nocturnes.

Seuls les insectes difficilement identifiables in situ ont été prélevés pour identification à la binoculaire et déterminations avec les clés appropriées.

Résultats                                                                                                            

Les résultats obtenus correspondent aux relevés effectués à une date bien précise et ne reflètent en aucun cas la biodiversité totale du site.

D’autres relevés à des époques différentes devraient être réalisés pour cerner l’entomofaune.

Ce sont plus de 120 espèces d’insectes qui ont été observées durant cette journée. Un tableau au format Excel listant l’ensemble de ces espèces avec un onglet particulier à la chasse de nuit est fourni en pièce jointe à ce compte rendu.

Par manque de spécialiste, les orthoptères et diptères n’ont pas été étudiés.

Si certaines espèces n’amènent aucune remarque spécifique, d’autres sont typiques des milieux humides, d’autres directement inféodées aux habitats soumis à assèchement.

Certaines espèces ont attiré notre attention et décrites dans le chapitre ci-dessous.

Cas particuliers

 

Odonates

3 espèces d’odonates ont été relevées.

Lestes barbarus (Fabricius, 1798)

Zygoptère d’une longueur moyenne de 30mm, de la famille des Lestidae et d’une teinte générale vert métallique assez clair avec des parties brunes sur la partie inferieure du corps.

Cet odonate est une espèce méridionale typique des milieux humides et tout particulièrement de ceux soumis à assèchement. Il a une attirance marquée pour les milieux humides temporaires qui s’assèchent assez tôt au tout début de l’été. Il se rencontre donc de mi mai jusqu’au mois d’octobre.

Les femelles peuvent pondre dans des zones totalement sèches à l’intérieur de tiges végétales. La diapause de l’œuf dure jusqu’au début de montée des eaux de la mare, la jeune larve naissante se laissant ensuite tomber dans l’eau.

Sa présence sur les abords de la mare temporaire de Catchéou est donc cohérente.

Lestes virens (Charpentier, 1825)

Zygoptère très similaire à Lestes barbarus mais dont la couleur vert métallique est moins prononcée (vert doré brillant). L’extrémité du thorax ainsi qu’une partie de l’abdomen sont bleu pâle chez les mâles.

Cet odonate affectionne tout particulièrement les plantes hélophytes, il se trouve dans les eaux stagnantes mais aussi dans les mares temporaires à forte présence de végétation.

Son cycle de vie est très semblable à celui de Lestes barbarus bien qu’il soit moins dominant sur site.

Il est donc aussi cohérent de le rencontrer sur le site de Catchéou.

Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840) 

De la famille des Libelluloidae, cet Anisoptère est commun et très rependu sur tout le pourtour méditerranéen. Bien qu’ayant une  préférence pour les eaux peu profondes et stagnantes, les femelles peuvent pondre sur les bordures d’une mare susceptible de s’assécher (ou dont le niveau baissera considérablement), la diapause particulière des œufs en condition exondée permet à ceux-ci de résister à tout assèchement éventuel.

Il n’est donc pas spécialement inféodé aux mares temporaires mais s’y adapte parfaitement si besoin.

Il se rencontre toute l’année (excepté en période hivernale) en plusieurs générations (printanière et automnale).

Coléoptères

33 espèces de coléoptères ont été relevées la plupart très communs. Cependant il faut noter la présence de 6 espèces inféodées aux milieux aquatiques ainsi que 2 espèces aquatiques de la famille des Dytiscidae (dytiques).

Les prises effectuées en pleine eau avec le filet troubleau ont permis d’observer de nombreuses larves de Dytiscidae.

Arachnides

23 espèces d’arachnides ont été observées sans remarque particulière à l’exception de Tibellus macellus  qui, si elle n’est pas rare, se rencontre assez peu dans notre région.

 

Toutes les autres espèces observées n’entrainent pas de remarque particulière, les taxons faisant partie d’espèces essentiellement littorales (comme par exemple Libelloides ictericus). Elles sont connues sur l'ensemble des départements méditerranéens, leur présence est cohérente dans notre région. Elles sont cependant listées dans le fichier joint à titre indicatif.

Cas particulier de la mare pédagogique

Bien qu’il ait été vu tout autant de larves d’amphibiens, les autres relevés entomologiques sur la mare pédagogique ont été moindres.

Pour exemple la seule libellule Sympetrum striolatum a été observée sur les bords de la mare.

L’utilisation du filet troubleau n’a pas été aussi fructueuse que sur le site de la mare de Catchéou.

Cela peut venir du fait que le fond de la mare pédagogique est boueux, limoneux, pauvre en humus et non constitué de plante et racines aquatiques comme la mare naturelle, donc probablement moins propice à la vie aquatique.

Chasse de nuit

Malgré une diversité d’espèce d’hétérocères relativement pauvre (seulement 15 taxons observés en plusieurs heures de chasse nocturne),  deux taxons restent à souligner.

Mythimna straminea (Treitschke, 1825).

Espèce de la famille des Geometridae inféodée aux phragmites et carex (végétation typique des zones humides). Sa présence est donc cohérente dans la zone humide de Catchéou.

Axia margarita (Hübner, 1813).

Sans pour autant avoir de statut de protection, cette espèce est peu commune voire rare et assez localisée aux régions méditerranéennes, particulièrement dans le Var, le Vaucluse et l’Hérault.

Les adultes se rencontrent en deux générations d’avril à octobre.

Les chenilles sont à rechercher sur Euphorbia duralii.

 

D’autres chasses de nuits devront être menées afin d’assurer le suivi des espèces, certaines devront être organisées en automne afin d’effectuer des relevés différents.

Conclusion

Nous avons bien trouvé la faune entomologique méditerranéenne ainsi que celle associée et inféodée aux mares temporaires et milieux humides. Que ce soit en termes d’odonates, hémiptères (punaises d’eau) coléoptères des milieux humides et aquatiques.

La liste des taxons n’est pas exhaustive, la seule journée passée ne suffit pas à déterminer la totalité des espèces vivantes aux abords de la mare.

De plus, des relevés lorsque la mare est en pleine eaux devraient augmenter le nombre d’espèces, avec une plus grande colonisation des eaux attirant aussi de nombreux prédateurs absents lorsque la mare est au niveau le plus bas.

D’autres relevés à des époques différentes devront donc être exécutés pour compléter cette liste.

Eric Gabiot

Nid de frelons asiatiques

Observations sur la nidification de Vespa velutina

Vespa velutina Lepeletier, 1836

                                      Eric Gabiot 

L’article décrit les observations faites sur un nid de frelons asiatiques (vespa velutina) récolté  au cours de l’hiver 2016-2017 dans le Var. 

Vespa velutina nigrithorax

Un nid de frelons asiatiques a été découvert chez un particulier à Carqueiranne 

Il se situait au cœur d’un mimosa sauvage à une hauteur d’environ 3 mètres.

DSC01125

Après s’être assuré qu’aucune activité n’avait lieu au niveau de ce nid, il a été décidé de le récupérer. Ce qui fut fait le 16 janvier 2017.

Comme la plupart des nids de vespidae, il est constitué de  sources de bois  friable associées à la salive des frelons  ce qui donne le "carton" à dominante ocre, marron avec des lignes blanches, beiges, brunes et rouges.

 L’enveloppe du nid est très cassante le tout formant une masse oblongue d’un diamètre de 30 centimètres pour une hauteur de 42 centimètres.

                                                                                                  DSC01127
Gros comme un ballon de basket, il a été découpé à l’arrière pour pouvoir observer le centre du nid. Celui ci est composé de 6 « galettes » de diamètres différents situées les unes au dessus des autres laissant apparaître les alvéoles dont l’ouverture est tournée vers le bas.

Les galettes sont fixées les unes aux autres en leur centre formant l’axe du nid.

L’ouverture du nid, son entrée, est elle située latéralement au  niveau du premier tiers du nid.

 

                                                     DSC01131

Les jeunes fondatrices fécondées ont déjà quitté le nid. La population restante va péricliter avec les gelées hivernales. Les quelques fondatrices pouvant rester dans le nid durant l’hiver ne seront très certainement pas aptes à recommencer un cycle. Ce qui se confirme à l’ouverture du nid.

Il a été observé neuf adultes (3 femelles et 6 males) probablement nouveaux nés. Mais aussi dix larves à des stades différents et de nombreuses nymphes à des stades d’évolutions avancés. C’est au total une trentaine d’individus qui vivaient dans ce nid. Aucun autre insecte ni aucune nourriture n’a été trouvé  dans le nid. Une naissance a été observée.

Le nid est exposé et peut être vu au local de la SSNATV.